UN MESSAGE FORT EN DIRECTION DE L’ÉTAT

Ce n’est pas un appel au secours, mais ça y ressemble. Les quelques 300 maires et présidents d’intercommunalité réunis en assemblée générale, le 15 décembre 2017, ont clairement fait comprendre au représentant de l’État (le Secrétaire Général de la préfecture, à défaut du ministre et de la préfète) qu’ils étaient lassés, exaspérés, découragés, abandonnés, méprisés et, accessoirement, asphyxiés financièrement. Alors qu’au même moment se tenait la 2e conférence nationale des territoires, à Cahors, les élus locaux du département n’ont guère été rassurés par les propos du représentant de l’État. Ils lui ont redit que les nouvelles contraintes financières qui vont leur être imposées, la réforme de la taxe d’habitation, celle des cartes d’identité, les ponctions sur l’eau et le logement, la fin brutale des contrats aidés et bien d’autres mesures encore vont mettre à mal l’échelon communal, déjà affaibli par les efforts considérables demandés durant ces dix dernières années. C’est ce qui explique en grande partie les 31 changements de maires intervenus depuis 2014. Seule nuance à ce message sans concession, l’espoir que la CNT donne lieu à une véritable concertation et que ses résultats, ainsi que les annonces faites par le Président de la République au congrès de l’AMF, en novembre, se traduisent rapidement en avancées concrètes, dans un sens enfin favorable au monde local. Faute de quoi, de nouvelles défections sont à craindre, prochainement et pour le mandat à venir.